THÉRAPIE DE RETRAITEMENT DE LA DOULEUR chronique
REPROGRAMMER LE CERVEAU POUR SOULAGER LA FIBROMYALGIE
La thérapie de retraitement de la douleur (PRT) est une approche psychologique prometteuse qui vise à réduire, voire éliminer les douleurs chroniques en modifiant la façon dont le cerveau interprète les signaux douloureux, sans médicament, sans opiacés.
APPEL À TÉMOIN : AVEZ-VOUS TESTÉ LA THÉRAPIE DE RETRAITEMENT DE LA DOULEUR (PRT) ?
Cette approche psychologique prometteuse commence à être pratiquée en France. Si vous souffrez de fibromyalgie et que vous avez eu l’occasion de la tester, votre retour d’expérience pourrait éclairer d’autres personnes atteintes de fibromyalgie, en recherche de solutions. Merci de m’écrire à :
QU'EST-CE QUE LA CATASTROPHISATION DE LA DOULEUR ?
Dans la fibromyalgie, le cerveau peut rester en état d’hypervigilance permanente, interprétant comme dangereuses des sensations qui ne le sont pas. Ce mécanisme, appelé catastrophisation, consiste à anticiper le pire face à la douleur : penser qu’elle ne s’améliorera jamais, qu’elle va tout envahir, qu’elle est incontrôlable.
Ce n’est pas une faiblesse psychologique. C’est une réponse neurologique documentée, visible à l’IRM fonctionnelle : les régions du cerveau impliquées dans la perception de la douleur s’activent davantage chez les personnes qui catastrophisent.
« Vous pouvez ressentir une douleur très réelle et débilitante sans avoir aucune lésion biomédicale dans votre corps, à cause de modifications dans les chemins de traitement de la douleur. Le principal organe de la douleur est en fait le cerveau. »
Yoni Ashar, psychologue, école de médecine Weill-Cornell
Source : National Geographic – 17/05/2026 Source : National Geographic, publication du 17 mai 2026
EN QUOI CONSISTE LA THÉRAPIE DE RETRAITEMENT DE LA DOULEUR (PRT) ?
La PRT repose sur un principe simple : si la douleur chronique résulte d’un dysfonctionnement neurologique et non d’une lésion physique persistante, alors le cerveau peut apprendre à désactiver cette fausse alarme.
En pratique, la thérapie se déroule en huit séances d’une heure sur quatre semaines. Le patient apprend à :
- reconnaître que certaines douleurs proviennent d’un raté d’allumage des circuits nerveux, non d’une blessure réelle ;
- réévaluer ses ressentis lors de mouvements qu’il pensait dangereux ;
- remplacer les messages d’alerte par des signaux de sécurité.
QUELS SONT LES RÉSULTATS SCIENTIFIQUES ?
Une étude clinique menée par Yoni Ashar (école de médecine Weill-Cornell) sur 150 patients souffrant de douleurs chroniques du dos a produit des résultats remarquables :
- 66 % des patients en PRT ne ressentaient plus ou presque plus de douleur à l’issue des huit séances ;
- 20 % dans le groupe placebo ;
- 10 % sans traitement supplémentaire.
Les résultats étaient maintenus un an après la fin du traitement. Des IRM fonctionnelles ont confirmé une réduction de l’activité dans trois régions frontales impliquées dans l’évaluation des menaces — la sonnette d’alarme avait été étouffée.
Retattribution to Mind-Brain Processes and Recovery From Chronic Back Pain 28/09/2023
LA FIBROMYALGIE PEUT-ELLE BÉNÉFICIER DE CETTE THÉRAPIE ?
Oui, et particulièrement !
Mark Lumley, professeur de psychologie à l’Université de Wayne State, estime que pour les personnes atteintes de fibromyalgie ou du syndrome de l’intestin irritable, « la majorité ont un moteur psycho-émotionnel qui contribue à leur douleur de manière substantielle ».
Cela ne signifie pas que la douleur est imaginaire. Cela signifie que le cerveau joue un rôle central dans son amplification et qu’il peut aussi jouer un rôle central dans son apaisement.
QU'EST-CE QUE LA THÉRAPIE EAET ?
Un autre traitement complémentaire, la thérapie centrée sur la prise de conscience émotionnelle et sur l’expression (EAET), vise à identifier et exprimer les émotions non résolues, traumatismes, colère, honte, qui peuvent entretenir les mécanismes d’alerte du cerveau.
Une étude comparant l’EAET à la thérapie cognitivo-comportementale sur 50 patients souffrant de douleurs chroniques a montré que chez un tiers des patients en EAET, la douleur avait diminué de moitié, contre aucun résultat comparable dans l’autre groupe.
Ces approches ne remplacent pas un suivi médical. Mais elles ouvrent une voie complémentaire précieuse : celle de ne plus seulement apprendre à vivre avec la douleur, mais de viser activement sa réduction.
Pour les personnes atteintes de fibromyalgie, c’est un message d’espoir fondé sur la science : le cerveau n’est pas figé. Il peut se reconfigurer.